Sur le chemin pour digérer et guérir… et surtout pardonner  !

Une petite histoire de voleur…

  • L’évènement impardonnable … ?
  • Et si c’était plus grave… ?

Le processus passe par 

  • La Blessure
  • La Colère
  • La Tristesse
  • La Peur
  • Le Pardon
  • La Guérison
  • La Paix
  • L’Équilibre
  • L’Amour

Dialogue entre Moe, « Le Saint » et Jack, « L’élève en transformation »

– Je souhaite réellement m’aimer davantage», ai-je dit. «Donc, vous dites que je n’arriverai pas à aimer quelqu’un d’autre si je n’éprouve pas de véritable amour pour ma propre personne?»

Il a hoché la tête. «Oui. L’amour de soi est le catalyseur du changement personnel et il vous aide à devenir une personne plus aimante.

– J’ai beaucoup réfléchi à l’amour de soi au cours des derniers jours, Moe. Je croyais m’aimer, mais plus j’y pense, plus je me rends compte que je me suis toujours refusé d’admettre plusieurs vérités à mon sujet. Je crois avoir accumulé beaucoup de colère en moi suite à certains événements qui se sont produits dans ma vie. Et je commence tout juste à en prendre conscience et à voir en quoi cela influe sur toutes mes interactions avec les autres, ainsi que sur ma façon de me percevoir.

– Eh bien, vous devez travailler là-dessus. Nous avons presque tous une grande colère enfouie en nous, une colère que nous projetons sur le monde et qui colore tout ce que nous faisons et ce que nous sommes en tant que personne. Cela attire même dans notre vie des gens qui donnent libre cours à leur propre colère car ils s’identifient à nous. Vous devrez donc vous libérer de cette colère qui a durci votre cœur; et puis vous devrez affronter la tristesse qui s’ensuivra. Ensuite, vous devrez vous attaquer à la peur et aux regrets qui emprisonnent également votre cœur dans un étau. Ce n’est qu’à ce moment-là que vous serez en mesure de vous pardonner et d’aller de l’avant. Vous savez que le pardon est un geste que vous posez pour vous-même, n’est-ce pas?

– Vraiment?

– Oui. Toutes les blessures du passé qui n’ont pas encore reçu de pardon demeurent pour vous un fardeau qui entrave votre progression dans la vie. Lorsque vous effectuerez le travail intérieur nécessaire pour guérir ces blessures, en acceptant votre colère et en surmontant la tristesse subséquente qui mène ensuite au pardon, vous vous débarrasserez de cette dépendance – une fois pour toutes. Vous vous libérerez d’un grand poids, une nouvelle légèreté entrera dans votre univers, et vous pourrez aller de l’avant et faire profiter le monde de la lumière que vous êtes. N’oubliez pas que vous ne pourrez pas vous rendre au deuxième but si vous gardez un pied sur le premier coussin. Persévérez dans ce travail d’introspection, Jack, et continuez à vous libérer de votre passé. Ainsi, vous atteindrez bientôt le deuxième but, et ensuite le troisième. Et un jour, vous croiserez le marbre, c’est-à-dire votre point de départ.

– Et le voyage de la vie est véritablement un retour aux sources», ai-je dit. «Père Mike m’a enseigné cela.

– Encore une fois, père Mike a raison. Et j’aime beaucoup ce qu’a dit Mark Twain: « Le pardon est le parfum que laisse la violette sur le talon qui l’écrase »», a ajouté Moe en souriant.

– Oh, c’est génial!» ai-je répliqué avec enthousiasme.

– Voyez-vous, Jack, pardonner n’est pas fermer les yeux sur le tort qu’une personne a pu vous faire autrefois – c’est accepter ce tort et c’est comprendre que cette personne vous a blessé parce qu’elle avait peur. En effectuant mon propre travail intérieur sur l’acceptation de certaines choses qui ont été une source de souffrance dans ma vie, j’évoque souvent

La Prière de la Sérénité: « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence.« 

– C’est là une façon très évoluée de vivre, Moe – attribuer à la peur le geste d’une personne qui vous a fait du mal.

– Mais je pense avoir raison. Dans la vie, nos actes sont soit régis par l’amour …

– Ou soit régis par la peur», ai-je dit pour compléter sa phrase.

– Oui, mais comment se fait-il que vous sachiez cela?

C’est encore père Mike (« Le Saint »)?

– Oui, c’est encore père Mike», ai-je dit en souriant.

– Eh bien, il sait de quoi il parle. Si votre conduite à l’égard d’autrui n’est pas régie par l’amour – que ce soit avec votre mère ou un étranger, peu importe – elle est régie par la peur. Donc, si une personne vous fait du mal, c’est à cause de la peur qui se trouve profondément enfouie en elle.»

– Je pense qu’un exemple me serait utile ici, Moe. C’est un concept assez difficile à saisir, et j’ai du mal à me le représenter clairement», ai-je admis alors que je m’étendais à ses côtés sur le sable pour prendre un bain de soleil.

– Pas de problème. Supposons que vous dirigiez une entreprise et que l’un de vos employés vous dérobe une somme considérable.

– C’est un geste difficile à pardonner.

– Mais comme il a agi sous l’emprise de la peur, pourquoi ne lui pardonneriez-vous pas?

– Mais comment aurait-il pu agir sous l’emprise de la peur? Ce type est parti avec mon argent!

– Nos actes sont soit régis par l’amour, soit régis par la peur, n’est-ce pas?» a demandé Moe d’un ton appuyé. «Avoir peur n’est pas nécessairement craindre pour sa sécurité personnelle. Ce n’est là qu’une des manifestations de la peur. De nombreuses autres formes de peur profondément ancrées peuvent influer sur notre comportement. Nous pouvons avoir peur que l’on profite de nous. Nous pouvons avoir peur d’avoir l’air stupide. Nous pouvons avoir peur d’être abandonnés. Nous pouvons avoir peur d’être sans ressources. Nous pouvons avoir peur d’être trahis.

– Donc, quelle peur a pu pousser le voleur de votre exemple à agir ainsi?» ai-je demandé, intrigué par la façon dont Moe voyait la situation.

– Il se peut que ce soit la peur de manquer de quelque chose – peut-être n’était-il pas conscient de l’incroyable abondance qui caractérise notre monde, et peut-être ignorait-il que les richesses de l’univers affluent dans notre vie lorsqu’on cesse de craindre la privation. Peut-être avait-il la ferme conviction d’être incapable de connaître la prospérité en travaillant dur et en traitant bien les autres – et il vous a donc volé votre argent. Ou peut-être avait-il peur de ne pas être à la hauteur en tant qu’être humain et employé – et il était terrifié à l’idée d’être congédié. Il avait peut-être besoin d’argent pour nourrir sa famille, et il vous a donc volé votre argent. Son geste est évidemment répréhensible, et son comportement inexcusable, mais il a agi sous l’emprise de la peur. Il était terrorisé, et ce, au plus profond de son être. Puniriez-vous un enfant qui a peur?

– Non, probablement pas.

– Alors, que feriez-vous», a demandé Moe.

– Je donnerais de l’amour à cet enfant – je lui offrirais mon soutien, je le consolerais, et je l’aiderais.

– Parfait. Et c’est exactement ce que vous devriez faire avec l’homme qui vous a dévalisé, c’est-à-dire lui pardonner, l’aider et lui montrer que vous l’aimez.

– Lui montrer que je l’aime?» ai-je demandé, incrédule.

– Oui, idéalement, c’est ce que vous devriez faire. Si vous y arrivez, c’est que vous avez atteint un extraordinaire degré de sagesse et de pouvoir personnel qui ne pourra se traduire que par la joie dans votre vie. C’est alors que les trésors les plus fabuleux croiseront votre route. Pour en revenir à notre voleur, le moins que vous puissiez faire est de lui pardonner si vous voulez progresser dans la vie. Il sera alors important que vous analysiez en quoi il vous a blessé, que vous acceptiez que cet événement se soit produit, et que vous ne laissiez pas ce souvenir vous hanter. Pour progresser, vous devrez lâcher prise et comprendre que cet incident n’a pas été infructueux. La douleur qu’il a suscitée s’est traduite par une occasion de grandir et une leçon de vie – acceptez cette leçon et allez de l’avant.

– La vie est une école de croissance, n’est-ce pas?

– Oui, en effet», a répondu Moe.

– Je sais qu’il me faut davantage lâcher prise, car j’ai tendance à toujours resservir aux autres ce qu’ils m’ont fait par le passé – c’est comme une obsession. Cela m’épuise et draine toute mon énergie. Parfois, je ne souhaite rien d’autre que de m’endormir et d’oublier toutes ces choses qui me préoccupent», ai-je ajouté en toute honnêteté.

– J’ai le sentiment que vous n’avez aucune idée de votre chance, Jack. Je vous conseille de réfléchir sérieusement à toute cette beauté qu’il y a dans votre vie. Cela me fait penser à un vieux proverbe qui dit: « J’étais furieux de n’avoir pas de souliers; alors j’ai rencontré un homme qui n’avait pas de pieds, et je me suis trouvé content de mon sort. »»

Ces mots me sont allés droit au cœur et j’ai senti l’émotion m’envahir.

«Notre vie peut changer lorsque nous prenons davantage conscience de ses bons côtés», a poursuivi Moe, «lorsque nous commençons à vivre en adoptant une optique plus large et en sachant mieux interpréter la vérité. Nous sommes si peu nombreux à réellement connaître la vérité au sujet de notre vie – nous demeurons prisonniers des histoires que nous nous racontons. Nous demeurons prisonniers de ce qui nous est arrivé il y a un an, deux ans ou dix ans. Jack, j’ai moi aussi passé des journées entières à me tourmenter à propos du tort que certaines personnes m’avaient fait des années auparavant. J’y voyais un affront bien plus grand qu’il ne l’était en réalité. Je caressais des rêves de vengeance …

Le Saint, le Surfeur, La PDG pages 150 – 154 (Robin S. Sharma)