Témoignages de mamans

Les témoignages de mamans vont droit au cœur de celles qui ont vécu des choses similaires et personne n’ose en parler.

Sandrine (53 ans) :

Situation de départ

J’ai toujours rêvé d’être maman. Comme d’autres rêvent de devenir médecin ou astronaute. Je me voyais avec une ribambelle d’enfants autour de moi et je pensais que j’étais faite pour cela. Mais voilà les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Quand je suis tombée enceinte de manière imprévue, j’étais vraiment heureuse. Mais vers huit mois, le bébé se présentait toujours en siège et la gynécologue a décidé de prévoir une césarienne bien avant terme afin que le bébé ne s’engage pas dans un accouchement par voie basse. Le jour J, le pédiatre présent pour mon bébé était pressé et quand l’enfant a été extrait de mon ventre, il l’a saisi, me l’a présenté en vitesse et est parti faire les premiers examens. Il n’y a donc eu aucun contact mère-enfant et j’étais persuadée qu’il y avait un gros problème à cacher. Puis, mon bébé a été mis 4 heures en couveuse avant qu’enfin je puisse le toucher.

Prise de conscience aujourd’hui

Mon fils a certainement gardé des séquelles de cet accouchement. Il a vécu cela comme un abandon, et il en a gardé un mal être permanent et, par la suite, refusait tout contact physique avec moi.

De mon côté, moi, qui rêvais d’être mère depuis des années, je n’ai pas développé mon instinct maternel vis-à-vis de cet en-fant. Je ne ressentais pas cet amour que « l’on devrait » naturellement ressentir. J’étais complètement dépassée face à ce bébé qui pleurait énormément et que je n’ai jamais réussi à calmer dans mes bras, complètement angoissée parce qu’il régurgitait au moins la moitié de ces repas. Mais je ne ressentais pas d’amour.

Je n’en ai jamais parlé, car j’avais honte de moi et de mon incapacité à entrer en relation avec mon bébé, je culpabilisais et me voyais comme la plus mauvaise mère du monde n’ayant aucune idée que ce phénomène existe plus souvent qu’on ne le pense. Je faisais des efforts pour prendre ce bébé dans mes bras et me regardais dans le miroir en me disant : « tu vois, tu y arrives, ce n’est pas si difficile que cela ». Et j’essayais de donner le change. Voilà, ce fut une période extrêmement difficile pour tout le monde et qui a laissé de traces chez mon fils et chez moi.

C’est seulement des années plus tard que j’ai pu en parler ouvertement et que mon fils et moi avons pu faire un travail sur nous.

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